Quitter son emploi : démission, rupture conventionnelle ou licenciement
Les modes de départ comparés, leurs conséquences sur le préavis, les indemnités et le chômage, et les documents de fin de contrat.
Comment quitter son emploi ? En CDI, trois voies principales existent : la démission, à votre initiative ; la rupture conventionnelle, négociée avec l’employeur ; le licenciement, décidé par l’employeur. Elles n’ont pas les mêmes conséquences sur votre préavis, vos indemnités et votre droit au chômage. Choisir la bonne voie, et la préparer, vous évite de partir dans de mauvaises conditions.
Ce guide compare les modes de départ, explique les démarches, les documents de fin de contrat et la façon de préparer la suite. Pour la question « pourquoi voulez-vous quitter votre emploi ? » posée en entretien, voir notre article dédié : pourquoi quitter son emploi. Informations générales, à vérifier selon votre contrat et votre convention collective.
Les modes de départ comparés
| Mode de départ | Qui décide | Indemnité | Chômage |
|---|---|---|---|
| Démission | Le salarié | Aucune (sauf congés non pris) | Non, sauf démission légitime ou reconversion |
| Rupture conventionnelle | Les deux, d’un commun accord | Au moins l’indemnité légale de licenciement | Oui, durée réduite depuis septembre 2026 |
| Licenciement pour motif personnel | L’employeur | Indemnité légale, sauf faute grave ou lourde | Oui |
| Licenciement économique | L’employeur | Indemnité légale au minimum | Oui, avec possible contrat de sécurisation professionnelle |
| Fin de CDD | Échéance du contrat | Prime de précarité, en général | Oui |
La démission
La démission est la décision du salarié de rompre son CDI. Elle doit exprimer une volonté claire et non équivoque. La loi n’impose pas de forme, mais une lettre remise en main propre contre décharge ou envoyée en recommandé est fortement conseillée : elle fixe la date de départ du préavis. Nos modèles de lettre de démission vous aident à la rédiger.
Après la démission, vous devez en principe effectuer un préavis, dont la durée est fixée par la convention collective, un accord ou les usages, souvent un à trois mois. L’employeur peut vous en dispenser. Vous recevez votre salaire jusqu’au dernier jour et une indemnité pour les congés payés non pris, mais pas d’indemnité de départ.
La démission ne donne pas droit au chômage, sauf dans des cas précis : démission considérée comme légitime (suivre un conjoint qui déménage pour son emploi, non-paiement des salaires, violences, par exemple) ou démission pour projet de reconversion professionnelle validé avant le départ. Avant de démissionner sans nouvel emploi, mesurez bien ce risque.
Ne pas démissionner trop tôt
Si vous partez pour un nouveau poste, attendez d’avoir un engagement écrit et précis du futur employeur. Une promesse orale ne suffit pas. Voir notre article sur la promesse d’embauche.
La rupture conventionnelle
La rupture conventionnelle permet au salarié en CDI et à l’employeur de mettre fin au contrat d’un commun accord. Aucun des deux ne peut l’imposer à l’autre. Elle suit une procédure précise : un ou plusieurs entretiens, la signature d’une convention, un délai de rétractation de 15 jours calendaires, puis l’homologation par l’administration.
Le salarié perçoit une indemnité au moins égale à l’indemnité légale de licenciement et peut ensuite percevoir l’allocation chômage. Depuis le 1er septembre 2026, la durée maximale d’indemnisation après une rupture conventionnelle est réduite à 15 mois avant 55 ans. Notre article sur la rupture conventionnelle détaille la procédure, les délais et le calcul de l’indemnité.
Le licenciement
Le licenciement est décidé par l’employeur. Il doit reposer sur une cause réelle et sérieuse et respecter une procédure : convocation à un entretien préalable, entretien, notification par lettre recommandée qui énonce les motifs. On distingue le licenciement pour motif personnel (insuffisance professionnelle, faute, inaptitude) et le licenciement pour motif économique (difficultés économiques, réorganisation, suppression de poste).
Sauf faute grave ou lourde, le salarié licencié effectue ou est payé pour son préavis, et perçoit une indemnité de licenciement s’il a au moins huit mois d’ancienneté. Il a droit à l’allocation chômage, même en cas de faute grave. Si vous estimez votre licenciement injustifié, vous pouvez le contester devant le conseil de prud’hommes, dans un délai de 12 mois à compter de la notification.
L’indemnité légale de licenciement
Elle sert aussi de minimum pour la rupture conventionnelle. Elle est égale à :
- un quart de mois de salaire par année d’ancienneté pour les dix premières années ;
- un tiers de mois de salaire par année au-delà de dix ans.
Le salaire de référence est le plus favorable entre la moyenne des 12 derniers mois et celle des 3 derniers mois. Exemple : avec 6 ans d’ancienneté et un salaire de 2 400 euros bruts, l’indemnité minimale est de 6 × 2 400 × 1/4, soit 3 600 euros. Votre convention collective peut prévoir davantage.
Les autres situations
- Pendant la période d’essai : chaque partie peut rompre le contrat sans motif, en respectant un délai de prévenance. Voir la période d’essai.
- En CDD : le contrat ne peut être rompu avant son terme que dans des cas limités, notamment l’accord des deux parties ou une embauche en CDI ailleurs. Voir le CDD.
- Abandon de poste : depuis 2023, un salarié qui abandonne volontairement son poste et ne reprend pas le travail après mise en demeure peut être présumé démissionnaire, et perd alors son droit au chômage.
- Prise d’acte et résiliation judiciaire : en cas de manquement grave de l’employeur, le salarié peut saisir le juge. Ces démarches sont risquées : faites-vous conseiller.
Les documents de fin de contrat
Le dernier jour, l’employeur doit vous remettre :
- Le certificat de travail, qui indique les dates et le poste occupé.
- L’attestation employeur destinée à France Travail, souvent transmise directement.
- Le reçu pour solde de tout compte, qui détaille les sommes versées. Vous disposez de six mois après signature pour le contester.
- Le cas échéant, l’état récapitulatif de l’épargne salariale.
Choisir la bonne voie
Si vous avez un nouveau poste, la démission est la voie la plus simple. Si vous n’avez pas de projet immédiat et que votre employeur est d’accord, la rupture conventionnelle vous protège mieux grâce à l’indemnité et au chômage. Si votre employeur souhaite se séparer de vous, il lui revient d’engager une procédure. Dans tous les cas, gardez une trace écrite des échanges importants et ne signez rien sous la pression.
Partir en bons termes
Annoncez votre départ d’abord à votre responsable, de vive voix, avant de le dire à vos collègues. Proposez de préparer la transmission de vos dossiers et respectez vos engagements jusqu’au dernier jour. Un départ correct préserve vos références et votre réputation dans le secteur, souvent plus petit qu’on ne le croit. Pensez aussi à demander une recommandation : voir notre article sur la lettre de recommandation.
Préparer la suite
Avant même votre dernier jour, mettez votre CV à jour avec vos dernières missions et réalisations chiffrées, et commencez vos recherches. Si vous êtes sans emploi, inscrivez-vous à France Travail rapidement : voir notre guide de l’allocation chômage et la méthode pour trouver un emploi. Si votre départ est lié à un licenciement, voir aussi comment l’aborder dans votre CV.
Chaque étape en détail : démissionner d’un CDI, le préavis de démission, l’abandon de poste, le licenciement, l’indemnité de licenciement et le solde de tout compte.
Pour aller plus loin : annoncer sa démission, demander une rupture conventionnelle, la démission pour reconversion, le licenciement économique, la faute grave, les prud’hommes et le certificat de travail.
Questions fréquentes
Faut-il motiver sa démission ?
Non. La lettre de démission n’a pas à expliquer les raisons du départ.
L’employeur peut-il refuser une démission ?
Non. Il peut seulement demander l’exécution du préavis, sauf s’il vous en dispense.
Peut-on être obligé d’accepter une rupture conventionnelle ?
Non. Elle suppose l’accord libre des deux parties. Une pression de l’employeur peut entraîner son annulation.
Peut-on partir avant la fin du préavis ?
Seulement avec l’accord de l’employeur, qui peut vous dispenser de tout ou partie du préavis.
Le licenciement pour faute grave prive-t-il du chômage ?
Non. Il prive du préavis et de l’indemnité de licenciement, mais pas de l’allocation chômage.
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