Allocation chômage (ARE) : conditions, montant et durée

Qui a droit au chômage, comment est calculé le montant, combien de temps il est versé et ce qui change en 2026.

Femme qui lit un document à une table
Photo : Anastassia Anufrieva sur Unsplash

L’allocation chômage, appelée allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE), est versée par France Travail aux personnes qui ont perdu leur emploi involontairement et qui ont suffisamment travaillé. La condition principale est d’avoir travaillé au moins six mois au cours des 24 derniers mois. Son montant dépend de vos anciens salaires, et sa durée de la période travaillée, avec un maximum de 18 mois avant 55 ans dans le cas général.

Ce guide présente les conditions, le calcul du montant, la durée, les délais avant le premier versement, les démarches et les nouveautés de 2026. Les règles d’assurance chômage changent souvent : vérifiez toujours votre situation sur le site de France Travail ou de l’Unédic. Informations vérifiées en octobre 2026.

Qui a droit au chômage ?

Pour percevoir l’ARE, vous devez remplir toutes les conditions suivantes :

  • Avoir perdu votre emploi involontairement : licenciement, fin de CDD ou de mission d’intérim, rupture conventionnelle, ou démission considérée comme légitime.
  • Avoir suffisamment travaillé : au moins 130 jours ou 910 heures (environ six mois) au cours des 24 derniers mois, ou des 36 derniers mois si vous avez 55 ans ou plus à la fin du contrat.
  • Être inscrit à France Travail comme demandeur d’emploi et rechercher activement un emploi.
  • Résider en France et être physiquement apte à travailler.
  • Ne pas avoir atteint l’âge de la retraite à taux plein.

La démission ne donne pas droit au chômage dans la plupart des cas. Il existe toutefois des démissions dites légitimes (par exemple pour suivre un conjoint qui déménage pour son travail) et un dispositif de démission pour projet de reconversion. Notre guide pour quitter son emploi compare les modes de départ et leurs conséquences sur vos droits.

Le montant de l’allocation

Le montant repose sur votre salaire journalier de référence (SJR) : la somme des salaires bruts perçus pendant la période de référence, divisée par le nombre de jours de cette période. France Travail calcule ensuite deux montants journaliers et retient le plus favorable :

  • 40,4 % du SJR plus une partie fixe de 13,18 euros ;
  • ou 57 % du SJR.

L’allocation journalière ne peut pas dépasser 75 % du SJR, et elle ne peut pas être inférieure à un minimum (32,13 euros par jour depuis le 1er juillet 2026). Ces valeurs sont revalorisées chaque année, généralement au 1er juillet. Depuis 2025, l’allocation mensuelle est calculée sur une base de 30 jours, quel que soit le nombre de jours du mois.

En pratique, l’ARE représente souvent entre 57 % et 75 % de votre ancien salaire brut, soit une part plus élevée de votre ancien salaire net. Pour un calcul pas à pas avec des exemples, voir notre article sur le calcul du chômage.

Ancien salaire brut mensuelAllocation brute mensuelle estimée
1 867 € (SMIC temps plein)environ 1 140 €
2 500 €environ 1 400 €
3 500 €environ 1 970 €

Ces ordres de grandeur supposent un salaire régulier sur toute la période. Votre montant réel dépend de vos salaires exacts, des primes, des périodes non travaillées et de votre situation. L’allocation est soumise à la CSG, à la CRDS et à une cotisation retraite complémentaire, sauf pour les faibles montants, et elle est imposable.

La dégressivité pour les hauts salaires

Si votre ancien salaire était élevé, l’allocation est réduite de 30 % à partir du septième mois d’indemnisation, dans la limite d’un plancher. Cette règle ne s’applique pas si vous avez 55 ans ou plus à la fin du contrat. Elle concerne une minorité d’allocataires, aux salaires nettement supérieurs à la moyenne.

La durée d’indemnisation

La durée dépend du nombre de jours travaillés pendant la période de référence. Elle est calculée en appliquant un coefficient de 0,75 à cette période, avec un minimum de 182 jours (environ 6 mois) et un maximum qui dépend de votre âge :

Âge à la fin du contratDurée maximale (cas général)Après une rupture conventionnelle (fin de contrat depuis le 1er septembre 2026)
Moins de 55 ans18 mois15 mois
55 et 56 ans22,5 mois20,5 mois
57 ans et plus27 mois20,5 mois

La réduction liée à la rupture conventionnelle individuelle est la principale nouveauté de 2026 : elle s’applique dès que la date de fin du contrat est fixée au 1er septembre 2026 ou après, quelle que soit la date de signature de la convention. Les personnes de 55 ans et plus peuvent demander un allongement, accordé après examen de leurs démarches. Voir notre article sur la rupture conventionnelle.

Des durées plus longues s’appliquent en outre-mer, et la durée peut aussi varier selon la conjoncture du marché du travail. Si vous retrouvez un emploi puis le perdez, vos droits non consommés peuvent être repris ou rechargés.

Les délais avant le premier versement

L’allocation n’est pas versée dès le lendemain de la fin du contrat. Trois délais peuvent s’ajouter :

  1. Le différé congés payés : si vous avez reçu une indemnité compensatrice de congés payés, le versement est décalé du nombre de jours correspondant, dans la limite de 30 jours.
  2. Le différé spécifique : si vous avez reçu des indemnités de rupture supérieures au minimum légal, le versement est décalé, dans la limite de 150 jours (75 jours en cas de licenciement économique).
  3. Le délai d’attente de 7 jours, qui s’applique après les différés.

Le premier paiement intervient en début de mois suivant, après votre actualisation. Prévoyez donc une trésorerie pour les premières semaines. Notre article sur le calcul du chômage donne un exemple chiffré de ces délais.

Les démarches

  1. Inscrivez-vous à France Travail dans les jours qui suivent la fin de votre contrat, et au plus tard dans les 12 mois. Voir l’inscription à France Travail.
  2. Demandez l’allocation lors de l’inscription, en ligne.
  3. Transmettez vos justificatifs : l’attestation employeur est en principe envoyée directement par votre ancien employeur. Vérifiez qu’elle apparaît dans votre espace.
  4. Actualisez votre situation chaque mois, même si rien n’a changé. Sans actualisation, l’allocation n’est pas versée.
  5. Participez à votre accompagnement : rendez-vous, actions de recherche, formation éventuelle, selon votre contrat d’engagement.

Travailler pendant le chômage

Reprendre un emploi, même court ou à temps partiel, n’interrompt pas forcément vos droits. Vous pouvez cumuler un salaire et une partie de votre allocation, à condition de déclarer chaque mois les heures et les salaires. Ces périodes travaillées prolongent souvent la durée de vos droits, puisque les jours non indemnisés sont reportés. Accepter une mission d’intérim ou un CDD court est donc rarement une mauvaise affaire.

Se former ou créer son entreprise

Pendant le chômage, vous pouvez suivre une formation financée et continuer à percevoir une allocation. Le compte personnel de formation est utilisable sans reste à charge pour les demandeurs d’emploi. Si vous créez une entreprise, vous pouvez choisir entre le maintien de l’allocation ou le versement d’une partie de vos droits en capital. Parlez-en à votre conseiller avant de vous lancer.

Vos obligations

En contrepartie de l’allocation, vous devez rechercher activement un emploi, vous présenter aux rendez-vous, accepter les actions prévues dans votre accompagnement et déclarer tout changement de situation. Depuis 2025, toute personne inscrite signe un contrat d’engagement qui précise ces actions. Un manquement peut entraîner une suspension ou une suppression de l’allocation. Gardez une trace de vos candidatures : elles prouvent votre recherche en cas de contrôle.

Préparer le retour à l’emploi

Le chômage est aussi le moment de remettre votre CV à jour et d’organiser votre recherche. Notre guide pour trouver un emploi détaille la méthode en dix étapes, et notre article sur le CV sur France Travail explique comment publier votre profil auprès des recruteurs. Si votre contrat s’est terminé sur un licenciement, voir aussi comment présenter un licenciement sur un CV.

Selon votre situation, voir le chômage après une démission, le chômage après une rupture conventionnelle et l’actualisation mensuelle.

Pour le détail, voir la durée d’indemnisation et le délai de carence.

Selon votre projet, voir aussi travailler et toucher le chômage, créer son entreprise au chômage, se former pendant le chômage et la fin de droits.

Questions fréquentes

A-t-on droit au chômage après une démission ?

En principe non, sauf démission légitime ou démission pour projet de reconversion validé. Après quatre mois de chômage non indemnisé, vous pouvez aussi demander un réexamen de votre situation.

Le chômage est-il versé pendant les congés ?

Vous pouvez vous absenter jusqu’à 35 jours par an en le déclarant, sans perdre votre allocation.

L’allocation est-elle imposable ?

Oui, l’ARE est soumise à l’impôt sur le revenu, avec prélèvement à la source.

Combien de temps faut-il pour recevoir le premier paiement ?

Au minimum le délai d’attente de 7 jours, plus les éventuels différés, puis le versement mensuel après actualisation.

Peut-on toucher le chômage après une rupture conventionnelle ?

Oui. Depuis le 1er septembre 2026, la durée maximale est toutefois réduite à 15 mois avant 55 ans.

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