Contrat de professionnalisation : conditions et rémunération

Qui peut signer un contrat de professionnalisation, sa durée, la formation, la rémunération, les droits et la recherche d'un employeur.

Jeune salariée accompagnée par une tutrice au travail
Photo : Quilia sur Unsplash

Qu’est-ce qu’un contrat de professionnalisation ? C’est un contrat de travail en alternance qui permet d’obtenir une qualification reconnue : diplôme, titre ou certificat de branche. Il s’adresse aux 16-25 ans, aux demandeurs d’emploi de 26 ans et plus et aux bénéficiaires de certains minima sociaux. Le salaire dépend de l’âge et du niveau, et la formation est financée par l’opérateur de compétences de l’entreprise.

Voici les publics, la durée, la formation, la rémunération, les droits, la fin du contrat et la recherche d’un employeur. Pour la différence avec l’apprentissage, voir apprentissage ou professionnalisation.

Les publics

  • les jeunes de 16 à 25 ans révolus, pour compléter leur formation initiale ;
  • les demandeurs d’emploi de 26 ans et plus ;
  • les bénéficiaires du RSA, de l’allocation de solidarité spécifique ou de l’allocation aux adultes handicapés ;
  • les personnes sortant d’un contrat aidé.

Le contrat de professionnalisation est donc particulièrement adapté aux adultes en reconversion ou en reprise d’emploi, alors que l’apprentissage est surtout destiné aux moins de 30 ans. Voir la reconversion professionnelle.

La durée

Le contrat peut être un CDD de 6 à 12 mois, ou un CDI qui commence par une action de professionnalisation de même durée. La durée peut être portée à 24 mois, ou davantage, pour certains publics (jeunes sans qualification, bénéficiaires de minima sociaux) ou certaines qualifications prévues par accord de branche.

La formation

Les actions de formation représentent entre 15 % et 25 % de la durée du contrat, avec un minimum de 150 heures, et peuvent aller au-delà pour certains publics ou qualifications. Elles sont réalisées par un organisme de formation ou par l’entreprise elle-même si elle dispose d’un service de formation. Le temps de formation est du temps de travail rémunéré. Un tuteur accompagne le salarié dans l’entreprise.

La rémunération

ÂgeNiveau inférieur au bac professionnelNiveau au moins égal au bac professionnel
Moins de 21 ansAu moins 55 % du SMICAu moins 65 % du SMIC
21 à 25 ansAu moins 70 % du SMICAu moins 80 % du SMIC
26 ans et plusAu moins le SMIC, et au moins 85 % du salaire minimum conventionnel

Ces montants sont des minimums : la convention collective ou l’employeur peuvent prévoir davantage. Depuis le 1er juin 2026, le SMIC est de 1 867,02 euros bruts par mois. Voir le SMIC 2026.

Les droits du salarié

  • les mêmes droits que les autres salariés de l’entreprise : congés payés, protection sociale, conditions de travail ;
  • le temps de formation rémunéré ;
  • un tuteur dans l’entreprise ;
  • la prime de précarité n’est pas due à la fin d’un contrat de professionnalisation en CDD ;
  • le droit au chômage à la fin du contrat, si les conditions sont remplies. Voir le chômage après un CDD.

La période d’essai et la rupture

Le contrat peut prévoir une période d’essai, selon les règles du CDD ou du CDI. Ensuite, un contrat de professionnalisation en CDD ne peut être rompu avant son terme que dans les cas prévus pour les CDD. Voir le CDD et la période d’essai.

Les aides pour l’employeur

Les employeurs qui recrutent en contrat de professionnalisation peuvent bénéficier de la prise en charge de la formation par l’opérateur de compétences et, selon les publics recrutés, d’aides spécifiques, notamment pour l’embauche de demandeurs d’emploi âgés. Mentionner ces aides dans une candidature spontanée peut être un argument, surtout auprès des petites entreprises.

Trouver un employeur

  1. Choisissez d’abord la qualification visée et un organisme de formation, qui a souvent des entreprises partenaires.
  2. Consultez les offres d’alternance sur les plateformes dédiées et France Travail.
  3. Envoyez des candidatures spontanées en présentant le contrat, la formation et le rythme. Voir la candidature spontanée.
  4. Parlez-en à votre conseiller si vous êtes demandeur d’emploi : il connaît les dispositifs et les entreprises qui recrutent.

Voir aussi comment trouver une alternance et le CV pour l’alternance.

Un exemple

Isabelle, 38 ans, ancienne caissière au chômage, signe un contrat de professionnalisation de 12 mois dans un cabinet comptable pour préparer le titre professionnel de gestionnaire comptable. Elle passe trois jours par semaine au cabinet et deux jours en formation. Elle est payée au SMIC pendant toute la durée du contrat. À la fin, le cabinet l’embauche en CDI.

Le tuteur

Dans l’entreprise, un tuteur accueille et guide le salarié en contrat de professionnalisation. Il organise son activité, veille au respect de l’emploi du temps, assure le lien avec l’organisme de formation et participe à l’évaluation. Il doit avoir une expérience suffisante dans la qualification visée. Un bon tuteur fait souvent la différence entre un contrat réussi et un contrat difficile : n’hésitez pas à demander, lors de l’entretien d’embauche, qui sera votre tuteur et comment il vous accompagnera.

Questions fréquentes

Qui peut signer un contrat de professionnalisation ?

Les 16-25 ans, les demandeurs d’emploi de 26 ans et plus et les bénéficiaires de certains minima sociaux.

Combien dure le contrat ?

De 6 à 12 mois en principe, jusqu’à 24 mois dans certains cas.

Quel salaire après 26 ans ?

Au moins le SMIC et 85 % du minimum conventionnel.

La formation est-elle payante ?

Non, elle est financée par l’opérateur de compétences de l’entreprise.

La prime de précarité est-elle due ?

Non, pas à la fin d’un contrat de professionnalisation.

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