Arrêt maladie : démarches, indemnités et obligations

Les démarches, les nouvelles durées de 2026, les indemnités journalières, le complément employeur, les obligations et la reprise.

Personne allongée sous une couverture sur un canapé
Photo : Rex Pickar sur Unsplash

Que faire en cas d’arrêt maladie ? Transmettez l’avis d’arrêt de travail à votre caisse d’assurance maladie et à votre employeur dans les 48 heures, respectez les horaires de sortie autorisés et ne travaillez pas pendant l’arrêt. L’assurance maladie verse des indemnités journalières après un délai de carence de trois jours, égales à 50 % de votre salaire journalier de base dans la limite d’un plafond. Votre employeur peut compléter ces indemnités si vous avez au moins un an d’ancienneté. Depuis le 1er septembre 2026, la durée d’un premier arrêt est en principe limitée à un mois.

Voici les démarches, le calcul des indemnités, le complément employeur, les obligations pendant l’arrêt, les nouveautés de 2026 et la reprise du travail. Ces règles font partie de notre guide des droits du salarié. Informations vérifiées en octobre 2026.

Les démarches

  1. Consultez un médecin, en cabinet ou en téléconsultation (dans ce cas, avec des limites de durée).
  2. Transmettez l’arrêt dans les 48 heures : les volets 1 et 2 à votre caisse d’assurance maladie (souvent envoyés directement par le médecin en ligne), le volet 3 à votre employeur.
  3. Prévenez votre employeur le plus tôt possible, même avant de recevoir l’arrêt.
  4. Vérifiez votre compte sur le site de l’assurance maladie pour suivre le versement des indemnités.

Un envoi tardif peut entraîner une réduction des indemnités en cas de récidive. Une absence non justifiée auprès de l’employeur peut aussi avoir des conséquences disciplinaires.

Les durées d’arrêt depuis le 1er septembre 2026

Depuis le 1er septembre 2026, la durée d’un arrêt de travail pour maladie est encadrée : 31 jours au maximum pour une première prescription, et 62 jours au maximum pour une prolongation. Le médecin peut dépasser ces durées s’il le justifie au regard de votre situation médicale. Au-delà de trois mois d’arrêt, il peut solliciter l’avis du service du contrôle médical.

Les indemnités journalières

ÉlémentRègle
Délai de carence3 jours non indemnisés par la sécurité sociale
Montant50 % du salaire journalier de base (moyenne des 3 derniers mois de salaire brut, plafonnée)
Plafond41,95 € par jour pour les arrêts prescrits depuis février 2026
Durée maximale360 jours d’indemnités sur trois ans, sauf affection de longue durée
ConditionsAvoir travaillé un nombre d’heures minimum ou cotisé sur un salaire minimum

Exemple : avec un salaire brut de 2 000 euros par mois, le salaire journalier de base est d’environ 65,75 euros, et l’indemnité journalière d’environ 32,88 euros. Les indemnités sont soumises à la CSG et à la CRDS, et imposables.

Le complément employeur

Si vous avez au moins un an d’ancienneté, l’employeur doit compléter les indemnités de la sécurité sociale, après un délai de carence de sept jours :

  • 90 % de votre rémunération brute pendant les 30 premiers jours ;
  • 66,66 % pendant les 30 jours suivants.

Ces durées augmentent de 10 jours par période de cinq ans d’ancienneté supplémentaire. Beaucoup de conventions collectives sont plus favorables : maintien total du salaire, carence réduite ou supprimée, complément dès l’embauche. La prévoyance d’entreprise peut aussi prendre le relais pour les arrêts longs. Vérifiez votre convention et votre fiche de paie.

Vos obligations pendant l’arrêt

  • Respecter les horaires de sortie : sauf autorisation de sorties libres, vous devez être présent à votre domicile de 9 h à 11 h et de 14 h à 16 h, sauf soins ou examens.
  • Ne pas travailler, ni pour votre employeur ni pour un autre.
  • Accepter les contrôles de l’assurance maladie et, le cas échéant, la contre-visite médicale demandée par l’employeur.
  • Signaler un changement d’adresse pendant l’arrêt.

Le non-respect de ces règles peut entraîner la suspension des indemnités. L’employeur ne peut pas vous imposer de travailler, même à distance, pendant l’arrêt.

L’arrêt maladie et vos droits

  • Congés payés : depuis 2024, un arrêt maladie non professionnel permet d’acquérir 2 jours ouvrables de congés par mois, dans la limite de 24 jours par an. Voir les congés payés.
  • Licenciement : vous ne pouvez pas être licencié en raison de votre état de santé, mais un licenciement pour un autre motif reste possible.
  • Démission ou rupture conventionnelle : elles restent possibles pendant l’arrêt.
  • Période d’essai : elle est prolongée de la durée de l’arrêt.

La reprise du travail

Après un arrêt d’au moins 60 jours pour maladie non professionnelle, une visite de reprise auprès du médecin du travail est obligatoire. Pour un arrêt de plus de 30 jours, une visite de préreprise ou un rendez-vous de liaison avec l’employeur peut être organisé pour préparer le retour. Le médecin du travail peut proposer un aménagement de poste, un temps partiel thérapeutique ou, si nécessaire, constater une inaptitude.

Accident du travail : des règles différentes

Si l’arrêt est lié à un accident du travail ou à une maladie professionnelle, il n’y a pas de délai de carence, les indemnités sont plus élevées et votre protection contre le licenciement est renforcée. Déclarez l’accident à votre employeur dans les 24 heures.

Arrêt maladie et CV

Une longue période d’arrêt n’a pas à être justifiée en détail sur un CV : une mention neutre suffit, si elle est nécessaire. Notre article sur l’arrêt maladie sur un CV donne des formulations.

Si l’arrêt est lié au travail, voir l’accident du travail.

Si l’arrêt est lié à l’épuisement, voir le burn-out.

Questions fréquentes

Combien de jours de carence ?

Trois jours pour la sécurité sociale, sept jours pour le complément employeur légal, sauf convention plus favorable.

Combien de temps peut durer un premier arrêt ?

Depuis le 1er septembre 2026, 31 jours au maximum en principe, sauf justification médicale.

Peut-on partir en vacances pendant un arrêt ?

Seulement avec l’accord préalable de votre caisse d’assurance maladie.

L’employeur peut-il contacter un salarié en arrêt ?

Pour des informations ponctuelles, oui ; pour le faire travailler, non.

Les indemnités sont-elles imposables ?

Oui, sauf celles versées pour une affection de longue durée.

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