Freelance ou salarié : comment choisir ?

La comparaison point par point, les statuts du freelance, un exemple chiffré, les solutions intermédiaires et les questions à se poser.

Personne qui travaille sur un ordinateur portable dans un café
Photo : Kounotori sur Unsplash

Freelance ou salarié : comment choisir ? Le salariat apporte un revenu régulier, une protection sociale complète, des congés payés et le droit au chômage. Le freelance offre la liberté de choisir ses clients, ses horaires et ses tarifs, avec souvent un revenu plus élevé par jour travaillé, mais sans filet de sécurité. Le bon choix dépend de votre métier, de votre réseau, de votre tolérance au risque et de votre situation personnelle.

Voici la comparaison point par point, les statuts possibles, un exemple chiffré, les solutions intermédiaires et les questions à se poser avant de se lancer.

Le tableau comparatif

CritèreSalariéFreelance
RevenuSalaire fixe chaque moisVariable, selon les missions et les paiements des clients
Protection socialeComplète : maladie, retraite, prévoyance, chômagePlus limitée selon le statut, pas d’assurance chômage en général
CongésCinq semaines payéesNon payés : chaque jour off est un jour sans chiffre d’affaires
AutonomieEncadrée par l’employeurTotale sur les clients, les horaires et les méthodes
AdministratifGéré par l’employeurFacturation, déclarations, comptabilité à votre charge
FormationPlan de formation et CPFCPF et fonds de formation des indépendants
Accès au crédit et au logementFacile en CDIPlus difficile les premières années

Les statuts du freelance

  • La micro-entreprise : démarches simples, cotisations proportionnelles au chiffre d’affaires, plafonds de chiffre d’affaires. Idéale pour démarrer.
  • L’entreprise individuelle au régime réel : déduction des frais réels, comptabilité plus complète.
  • La société (SASU, EURL) : adaptée à une activité importante, avec un choix de rémunération et de dividendes.
  • Le portage salarial : vous trouvez vos clients mais restez salarié d’une entreprise de portage, avec la protection sociale et le chômage. Voir le portage salarial.

Un exemple chiffré

Une graphiste salariée gagne 2 800 euros bruts par mois, soit environ 2 180 euros nets et 33 600 euros bruts par an, avec cinq semaines de congés payés, une mutuelle et la sécurité de l’emploi. En freelance, pour un revenu équivalent, elle doit tenir compte de ses cotisations, de ses frais (logiciels, matériel, assurance), de ses congés non payés et des périodes sans mission. Elle travaille en moyenne 180 à 200 jours facturables par an : son tarif journalier doit donc être nettement supérieur à son ancien salaire divisé par le nombre de jours travaillés. Beaucoup de freelances fixent un tarif journalier équivalent à deux à trois fois leur ancien salaire journalier.

Les avantages du freelance

  • la liberté de choisir ses projets et ses clients ;
  • la possibilité de gagner davantage avec une bonne clientèle ;
  • la souplesse des horaires et du lieu de travail ;
  • la variété des missions, qui enrichit l’expérience.

Les avantages du salariat

  • la sécurité du revenu et de l’emploi ;
  • une protection sociale complète, dont le chômage ;
  • les congés payés, les RTT et les avantages de l’entreprise ;
  • le travail en équipe et l’évolution interne ;
  • l’absence de démarches commerciales et administratives.

Voir notre guide des droits du salarié.

Les questions à se poser

  1. Ai-je déjà des clients potentiels ? Un réseau solide est le meilleur indicateur de réussite.
  2. Mon métier se prête-t-il au freelance ? Le développement, la communication, le conseil, la rédaction ou la traduction s’y prêtent bien.
  3. Combien de mois puis-je tenir sans revenu régulier ? Prévoyez au moins trois à six mois d’épargne.
  4. Suis-je à l’aise avec la prospection, la négociation et la gestion administrative ?
  5. Ma situation personnelle (logement, crédit, famille) supporte-t-elle des revenus variables ?

Les solutions intermédiaires

  • Le cumul d’un emploi salarié à temps partiel et d’une activité indépendante, pour tester sans risque.
  • Le portage salarial, qui combine autonomie et statut salarié.
  • La création au chômage, avec le maintien de l’allocation pendant le démarrage. Voir créer son entreprise au chômage.
  • La rupture conventionnelle, si votre employeur est d’accord, pour partir avec une indemnité et des droits au chômage. Voir la rupture conventionnelle.

Les erreurs à éviter

  • Fixer un tarif journalier égal à son ancien salaire journalier.
  • Démissionner sans clients ni épargne.
  • Négliger les assurances professionnelles.
  • Dépendre d’un seul client, ce qui peut aussi poser un risque de requalification en contrat de travail.

Revenir au salariat

Une expérience de freelance est valorisée par les recruteurs : autonomie, sens commercial, polyvalence. Présentez-la sur votre CV comme une expérience à part entière, avec vos principaux clients et réalisations. Voir le statut d’auto-entrepreneur sur un CV.

Questions fréquentes

Gagne-t-on plus en freelance ?

Souvent par jour travaillé, mais pas forcément sur l’année, une fois les cotisations, les frais et les périodes sans mission déduits.

Un freelance a-t-il droit au chômage ?

En général non, sauf en portage salarial ou avec des droits ouverts lors d’un emploi salarié précédent.

Peut-on être salarié et freelance en même temps ?

Oui, en respectant votre contrat de travail, notamment l’obligation de loyauté et une éventuelle clause d’exclusivité.

Quel statut choisir pour démarrer ?

La micro-entreprise ou le portage salarial sont les plus simples pour tester une activité.

Combien d’épargne prévoir ?

Au moins trois à six mois de dépenses courantes.

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