Chômage et intérim : comment sont calculés vos droits

Les conditions pour toucher le chômage après des missions d'intérim, le calcul, le cumul avec les missions, le CDI intérimaire et les démarches.

Intérimaire en gilet de sécurité dans un entrepôt
Photo : Heri Susilo sur Unsplash

Peut-on toucher le chômage après des missions d’intérim ? Oui : la fin d’une mission est une perte involontaire d’emploi. Vous avez droit à l’allocation si vous avez travaillé au moins six mois sur les 24 derniers mois, toutes missions et tous contrats confondus. Entre deux missions, l’allocation peut être versée. Pendant une mission, elle se cumule en partie avec votre salaire.

Voici les conditions, le calcul, les indemnités de fin de mission, le cumul, le cas du CDI intérimaire et les démarches. Pour s’inscrire en agence, voir comment s’inscrire en agence d’intérim.

Les conditions

  • Avoir travaillé au moins six mois (130 jours ou 910 heures) sur les 24 derniers mois, ou 36 mois à partir de 55 ans. Les missions de toutes les agences et les autres contrats s’additionnent.
  • Être sans emploi involontairement : la fin d’une mission convient.
  • S’inscrire à France Travail et rechercher un emploi.

Si vous mettez fin vous-même à une mission avant son terme, sans motif légitime, cette rupture peut être assimilée à une démission. De même, refuser à deux reprises en 12 mois un CDI proposé par l’entreprise utilisatrice pour le même emploi, à l’issue d’une mission, peut priver de l’allocation, sauf exceptions.

Le calcul de l’allocation

Le calcul suit les règles générales : salaire journalier de référence, formules de l’ARE, durée égale aux jours de la période de référence multipliés par 0,75. Pour les intérimaires, la période de référence va du début de la première mission à la fin de la dernière, et les jours non travaillés entre deux missions comptent dans une certaine limite. Ce mécanisme peut réduire le salaire journalier de référence lorsque les missions sont très espacées. Voir le calcul du chômage.

Les indemnités de fin de mission

À la fin de chaque mission, l’agence vous verse l’indemnité de fin de mission, égale à 10 % de la rémunération brute de la mission, et l’indemnité compensatrice de congés payés, d’au moins 10 % de la rémunération totale, prime incluse. L’indemnité de fin de mission est un élément de salaire, prise en compte dans le calcul de l’allocation, et elle n’entraîne pas de différé spécifique. L’indemnité de congés payés peut décaler le versement de quelques jours. Voir le délai de carence du chômage et la prime de précarité.

Le cumul entre missions

Les intérimaires alternent souvent missions et périodes sans travail. Lorsque vos droits sont ouverts :

  • pendant une mission, France Travail retire de votre allocation 70 % du salaire brut perçu dans le mois ;
  • entre deux missions, l’allocation est versée normalement ;
  • les jours non indemnisés sont reportés et prolongent vos droits.

Déclarez chaque mission lors de votre actualisation mensuelle, avec les heures et le salaire brut, même si l’agence ne vous a pas encore payé. Voir travailler et toucher le chômage et l’actualisation France Travail.

Le CDI intérimaire

Avec un CDI intérimaire, vous êtes salarié en CDI de l’agence, qui vous rémunère aussi entre deux missions, au moins à hauteur d’une garantie minimale. Vous n’êtes donc pas au chômage entre les missions. Si le CDI intérimaire prend fin par un licenciement ou une rupture conventionnelle, vos droits sont ouverts selon les règles habituelles. Voir le CDI intérimaire.

Les démarches

  1. Récupérez les documents de fin de mission de chaque agence : attestation employeur et bulletins de paie.
  2. Inscrivez-vous à France Travail dès la fin de la mission si vous n’avez pas d’autre mission prévue.
  3. Vérifiez que toutes les missions figurent dans votre dossier, y compris les plus courtes.
  4. Actualisez-vous chaque mois en déclarant toutes vos missions.

Optimiser sa situation

  • Inscrivez-vous dans plusieurs agences pour multiplier les missions.
  • Gardez un tableau de vos missions : dates, agences, heures, salaires.
  • Demandez à l’entreprise utilisatrice si une embauche directe est possible, en CDD long ou CDI.
  • Profitez des formations proposées par les agences, souvent financées par le fonds de formation du travail temporaire.

Un exemple

Samir enchaîne des missions dans la logistique : 140 jours travaillés sur les 12 derniers mois, répartis en sept missions. Il ouvre des droits au chômage. Entre deux missions, il perçoit son allocation ; pendant les missions, il en perçoit une partie en plus de son salaire. Six mois plus tard, l’entreprise utilisatrice lui propose un CDI de cariste, qu’il accepte.

Les intérimaires et l’emploi durable

L’intérim est souvent une étape vers un emploi stable. Beaucoup d’entreprises utilisatrices recrutent directement des intérimaires appréciés, en CDD long ou en CDI. Pendant une mission, montrez votre fiabilité et faites savoir que vous seriez intéressé par une embauche. En cas de proposition de CDI pour le même poste, mesurez bien la décision : deux refus en douze mois peuvent priver de l’allocation. Voir le contrat d’intérim et le CDI intérimaire.

Questions fréquentes

Un intérimaire a-t-il droit au chômage ?

Oui, s’il a travaillé au moins six mois sur les 24 derniers mois.

Les missions de plusieurs agences s’additionnent-elles ?

Oui, toutes les périodes de travail sont prises en compte.

L’indemnité de fin de mission retarde-t-elle le chômage ?

Non, mais l’indemnité de congés payés peut décaler le versement de quelques jours.

Peut-on toucher le chômage entre deux missions ?

Oui, si vos droits sont ouverts.

Et en CDI intérimaire ?

Non, l’agence vous rémunère entre deux missions.

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